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    6 days ago

    Aucun souci pour le délai dans les réponses. Parfois, c’est moi qui ai besoin d’une semaine parce que des choses se passent. Là, c’est parfait. Ton message arrive au moment où je n’avais pas envie de bosser. Donc, j’y mets un peu de temps, mais je ne répondrai pas toujours aussi rapidement.

    propriétaire libre

    si un produit était propriétaire, mais avait une documentation très poussée, une conception qui le rendait compatible avec de nombreux autres objets (et surtout d’autres vieux objets), et une bonne disponibilité de pièces détachées/d’extensions, je pense que je le classerais plutôt dans le low-tech.

    ainsi que, je suppose, le droit de le modifier/réparer? Tu viens de décrire les principales libertés que les licences libres proposent d’implémenter :-) La différence est juste que dans le libre, il y a une licence qui vient imposer ses libertés et empêcher un retour en arrière sans que ça dépende du bon vouloir des ayant droits.

    Décroissantisme pur et technosolutionnisme

    Je ne pense pas construire un homme de paille lorsque j’attaque des décroissantistes purs.

    Les critiques sur les véhicules électriques sont quand même monnaie courante, que ce soit sur Internet ou dans la vie. Et leur focalisation sur les émissions à la production, chaque fois me donne franchement l’impression de nier l’idée qu’on doit se permettre un budget CO2 pour une transition.

    Sur l’arbitrage entre mode de consommation et mode de production: en fait, je pense que je suis technosolutionniste selon tes définitions.

    Vu que pour moi le but est qu’on émette zéro CO2, qu’on émette zéro pollution et qu’on soit 100% renouvelable, si on arrive à ce stade, alors la consommation n’est plus un problème. Quelqu’un qui roule en voiture solaire peut bien faire 10 fois plus de kilomètres, ça ne pose aucun problème à la planète. Idem, quelqu’un qui a des productions d’électricité renouvelable peut bien climatiser ses pièces à 16 degrés, ça ne cause aucun problème.

    Alors bien sûr, dans la période de transition qu’on a aujourd’hui, ça va aider de se rationner. Ça permettra de diminuer le budget de CO2 dont on a besoin pendant cette période de transition. Mais dire que ça doit être un changement sociétal à long terme, non, je trouve que ce n’est pas nécessairement vrai.

    A mon avis, il y a plein de changements dans les modes de consommation qui sont souhaitables et dont on doit débattre, comme par exemple le végétarianisme. Par contre rationaliser des contraintes artificielles desquelles on va sortir dès qu’on sera sortis des fossiles, ça, je n’en vois pas l’intérêt et je pense même que ça peut être dommageable sociétalement.

    Un des exemples qui me vient en tête, c’est les voyages internationaux. En avion, c’est clairement un gros poste d’émission de CO2, donc je comprends qu’on décide de limiter ça.

    Par contre, il ne faut pas partir de cette contrainte pour se mettre à rationaliser l’idée selon laquelle ce serait négatif que des jeunes soient exposés à d’autres cultures. Pour moi, les échanges internationaux en Europe via Erasmus, ça a été un immense facteur d’intégration et de paix. Et je trouve qu’on doit souhaiter un futur où ce genre de pratique est renouvelable plutôt qu’un futur où ce genre de pratique est absente.

    De plus politiquement, et psychologiquement, je pense qu’au contraire, la transition sera d’autant plus rapide et d’autant plus facile à accepter que l’on promeut des modes de vie confortables et durables.

    Le solutionnisme décroissantiste

    Je viens de regarder le plan transport du scénario Négawatt. Il se base en partie sur le déploiement de l’hydrogène dans les véhicules. 75% des poids lourds en 2050. C’est carrément du technosolutionnisme là.

    Alors moi ça ne me gêne pas qu’on suppose que dans quelques dizaines d’années il y aura des nouvelles technologies. Ce serait même extrêmement déraisonnable de ne pas le supposer. Mais c’est un petit peu hypocrite de s’autoriser ça pour les technologies qui nous plaisent et de se l’interdire pour celles dont on a décidé qu’elles n’évolueraient pas.

    Il suppose également une baisse de 9% par an de la distance parcourue par habitant en France. Et là, je dois t’avouer que je trouve ça encore plus spéculatif que le déploiement de l’hydrogène ou de la fusion à long terme. Là, c’est quelque chose dont on n’a aucune idée de comment on va le faire.

    Certes, on sait que des leviers existent, mais enfin, il faut 20 ans pour faire une ligne de tramway dans une grande ville. Les innovations à mettre en place politiquement et économiquement pour que ça se passe plus vite, c’est du domaine de la science-fiction.

    En tant que techno-utopiste, je veux bien croire qu’en 2100, on ait réussi à trouver des méthodes d’organisation qui font que ces chantiers peuvent avancer plus vite, mais ça me paraît extrêmement déraisonnable d’utiliser ça pour résoudre une crise urgente.

    C’est ça que je trouve solutionniste. Je pense que les calendriers sur la fusion sont assis sur des théories bien mieux testées que les calendriers décroissantistes.

    Pardonnez nos émissions!

    A titre personnel, j’ai l’impression que ce n’est pas par pure mauvaise foi que les gens vont chercher des arguments plus ou moins bons contre des innovations technologiques à impact environnemental réduit, je pense que c’est une différence de rapport à la science.

    J’ai une autre théorie: J’ai l’impression que pour beaucoup d’écolos, ils ont recyclé une mentalité catholique de l’absolution par l’expiation.

    Il y a cette idée que la pollution a été causée par un excès de consommation et que l’on doit pardonner nos fautes via un refus volontaire du confort. Je ne sais même pas si c’est particulièrement catholique comme mentalité, c’est en tout cas religieux et de la pensée magique.

    Si tu leur vends un scénario où leur confort n’a pas besoin de changer et on peut réparer la biosphère, ils supposent qu’il y a une arnaque. C’est trop beau pour être vrai. Et surtout, moralement, l’équation karmique n’est pas équilibrée parce qu’on a causé un dommage par notre insouciance et on ne l’a pas réparé par une souffrance.

    Si tu leur dis qu’en fait avec des voitures électriques qui se rechargent au solaire pendant la journée, on peut multiplier par 10 les kilomètres qu’on fait par habitant sans que ça embête la planète, ça leur paraît impossible.

    Seulement voilà, l’équation morale est imaginaire alors que l’équation d’émission de CO2 est réelle. L’univers se fout de la souffrance humaine.

    pollutions résiduelles

    Sur les pollutions résiduelles, Le problème, c’est que chaque pollution individuelle est un problème différent. Chaque fois avec des solutions différentes qui impliquent des discussions différentes. Les obligations, les textes sérieux ne parlent pas de CO2, ils parlent de gaz à effet de serre en incluent énormément d’émissions. Je ne crois pas être particulièrement biaisé en disant qu’il y a un certain consensus pour dire que le CO2 est le plus gros problème et que si on arrive à le résoudre, les autres devraient être plus faciles et seront même probablement résolues dans la foulée.

    Et pour l’angle qui nous intéresse, si on a pu résoudre le CO2 sans décroissance radicale, on ne devrait pas en avoir besoin pour les autres pollutions non plus.