Livres, BDs, mangas, comics, magazines, … Partagez vos dernière lectures et ce que vous en avez pensé.

  • pseudo@jlai.lu
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    18 days ago

    Bin justement je commence à lire “donner le goût de lire” de Christiane Poslaniec et un argument central c’est que pour que les enfants et futur adulte découvre la lecture-plaisir, il ne faut pas juger ce qu’ils lisent. Même si c’est lisse, plat, linguistiquement intéressant et pauvre narrativement (à nos yeux), il faut laisser l’enfant lire ce qu’il a choisi parce que la lecture-plaisir est une expérience intime en lien avec le livre lu mais aussi le lecture.

    Quand un enfant aura pris le goût de lire, il ira vers plus, vers autre et on pourra lui proposer des textes ou des histoires plus riches mais d’abord il faut qu’il lise quelque chose qui lui plaît et la littérature jeunesse quoi qu’on en pense reste la seule littérature qui s’adresse directement aux enfants. Il faut présenter à l’enfant le plus de choix possible et ne jamais le forcer jusqu’à qu’il vive l’expérience de la lecture plaisir.

    C’est vraiment l’argument du livre non extrapolé mais je suis vraiment d’accord avec ça. J’ai beaucoup lui de littérature jeunesse cette année et il y a des choses vraiment intéressante même pour les adultes. C’est surtout que les attentes sont différentes.

    • troglodyte_mignon@lemmy.world
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      17 days ago

      Dans une bibliothèque où j’allais enfant, un poster des “Droits du lecteur” de Pennac était affiché au mur. J’aime beaucoup leur esprit.

      Les droits du lecteur de Daniel Pennac, illustrés par Quentin Blake. 1, le droit de ne pas lire. 2, le droit de sauter des pages. 3, le droit de ne pas finir un livre. 4, le droit de relire. 5, le droit de lire n’importe quoi. 6, le droit au bovarysme. 7, le droit de lire n’importe où. 8, le droit de grapiller. 9, le droit de lire à voix haute. 10, le droit de se taire.

      • Œil@jlai.lu
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        17 days ago

        Ah ça m’a l’air d’être des illustrations de Quentin Blake en plus ! J’adore.

        • troglodyte_mignon@lemmy.world
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          17 days ago

          À l’origine, il les a énoncés dans Comme un roman, où il parle de son expérience de professeur de français. Mais le poster avec les illustrations de Blake est très mignon. Je trouve que le style des dessins convient parfaitement.

    • Libb@piefed.social
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      17 days ago

      Bin justement je commence à lire “donner le goût de lire” de Christiane Poslaniec et un argument central c’est que pour que les enfants et futur adulte découvre la lecture-plaisir, il ne faut pas juger ce qu’ils lisent. Même si c’est lisse, plat, linguistiquement intéressant et pauvre narrativement (à nos yeux), il faut laisser l’enfant lire ce qu’il a choisi parce que la lecture-plaisir est une expérience intime en lien avec le livre lu mais aussi le lecture.

      J’entends régulièrement ça.

      C’est très juste mais le souci avec cet argument du « il ne faut pas juger », c’est que trop souvent on l’utilise indistinctement sur deux choses très différentes et alors l’air de rien ça peut amener à rendre impossible tout questionnement au nom d’une certaine forme de morale (« c’est pas bien de dénigrer telle ou telle pratique », que ce soit la lecture, le sexe, la façon de se nourrir, etc.), morale qui, sans surprise, se met d’elle-même en droit d’échapper à toute critique—une spécialité des religions, poser des interdits moraux ‘indiscutables’—chose avec laquelle je me sens personnellement assez peu d’affinités, je le reconnais.

      Le ‘jugement’ dont il est habituellement question quand on parle de la « lecture plaisir » est un jugement de type moral : « ton bouquin il est bête/génial », ou « la BD c’est nul comparé au roman », ou encore « la fantasy ça pue des pieds comparé à la SF (ou à la Dark Romance, etc.) », etc. Ce genre de choses.

      Et là, je suis entièrement d’accord que ces jugements sont inutiles dans le meilleur des cas. Au pire, ils peuvent-être incroyablement destructeurs. Etant toxiques, ils doivent être tenus en laisse et démontés sans pitié quand ils sont utilisés.

      Mais quand je dis « le jour suit la nuit » (ou vice versa) je ne porte pas un jugement de valeur, je ne qualifie ni ce jour ni cette nuit, je fais une observation que d’autres peuvent faire avec moi et dont nous pouvons choisir de discuter. Libre à n’importe qui de me prouver que mon expérience est trompeuse (je suis preneur), ou de me démontrer que la façon dont j’en parle est loin d’être satisfaisante pour telles et telles raisons (idem), mais personne ne devrait se sentir autorisé à me reprocher d’exprimer une observation… aussi foireuse puisse-t’elle être par ailleurs… Au nom de quoi, d’ailleurs ?

      Pour en revenir à ce que je disais à propos du conte d’Hoffmann et du lecteur d’aujourd’hui :

      • Tu auras noté que, plus que de donner mon avis sur ce qu’ils lisent aujourd’hui (je suis très heureux qu’ils lisent, fin de la discussion en ce qui me concerne)) j’ai surtout tenté d’insister sur ce qu’ils ne lisent pas, ou plus.
      • Je dis aussi que je doute que la plupart des jeunes lecteurs puissent vraiment apprécier ce (pourtant chouette) texte en l’état, faute d’une préparation suffisante à sa lecture. Précisant aussi que le texte lui-même, même s’il est loin d’être parfait, n’était pas la cause de mes réserves, mais bien le fait que ce lecteur contemporain lambda est bien moins préparé que le lecteur plus ancien. Ce qui n’est pas de sa faute.

      Moins familiarisé avec ce genre de lectures, sa lecture en sera plus difficile et donc l’expérience sera très probablement moins plaisante ce qui, pour un conte, me semble un tantinet regrettable.

      Car lire « Casse-Noisette et le Roi des souris », ce n’est pas censé être la même chose que lire un essai de 796 pages sur la « perception et l’accueil des différences dans notre société (chez les enfants, en particulier) ainsi que sur l’importance de prendre conscience de notre part innée de violence pour ne pas la laisser dicter notre comportement en société » suivi de la lecture pas moins essentielle à mon avis d’un autre essai sur « Le rôle central des a priori et des traditions dans la fabrication de notre propre imaginaire en toute liberté ». Vraiment rien à voir comme types de lectures… même si ce vraiment chouette petit conte en parle lui aussi, à sa manière pleine de petits bobos et d’une grosse fièvre, de jouets, d’une pantoufle, de souris et de rats, sans oublier ces adultes qui presque tous ne comprennent absolument rien à ce que leur expliquent les enfants.

      Mais encore une fois, ne pas y être préparé ce n’est ni la faute ni du lecteur, ni du conte. C’est la faute à une éducation qui a négligé son travail ou qui pense que la solution n’est pas d’apprendre à faire l’effort (réel effort) de lire des textes plus exigeants mais bien de simplifier tous les textes.

      Bien résumé, Hamlet tient en trois paragraphes, Le misanthrope en deux, Les Misérables peut-être entre cinq paragraphes, Ulysses de Joyce tiendra en trois lignes maxi, tout comme La recherche du Temps perdu, d’ailleurs. C’est évidemment plus facile à lire mais pas forcément aussi enrichissant que lire les livres eux-mêmes.

      Bref, je pense que j’ai déjà trop insisté : c’est uniquement ça que je pointe du doigt. Pas du tout ce que ces lecteurs lisent par ailleurs (que je lis peut-être aussi moi-même d’ailleurs, aussi vieux et obsolète que je puisse être ;)