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    2 months ago

    Walter Tevis, L’homme tombé du ciel (Folio).

    spoiler

    Thomas Newton est un extra-terrestre humanoïde, à quelques détails près dont un squelette très fragile, peu adapté à notre gravité, qui a débarqué de la planète Anthea, incognito, sur terre afin de fabriquer un… vaisseau spatial qu’il devra ensuite envoyer vers sa planète natale, dont la population très évoluée est aussi presque complètement disparue (trop de guerres, trop intenses, trop longtemps, ils sont moins de 500 survivants). Il s’acquitte de sa tâche plutôt très bien (il va financer son entreprise un peu folle en… commercialisant de la tech ET), tandis qu’il commence en même temps à faire connaissance avec quelques humains, et avec certains de nos vices (auquel cet alien pourtant supérieur à nous se montre vraiment très réceptifs). C’est là que le roman commence, bien entendu ;)

    Beaucoup de chose à en dire. Par exemple, sans surprise, derrière l’alien il y a une réflexion sur notre société, nos certitudes et le regard que nous portons sur nous-même. Mais aussi sur notre capacité à considérer la différence comme… insignifiante dans une relation sincère (qui aura plus de chance de se produire avec des humains eux-mêmes à la marge). Il y a aussi la lourdeur et l’hostilité de la bureaucratie (du système étatique) face aux individus, sa capacité à vouloir détruire le vivant pour se préserver. Une réflexion sur notre capacité à nous entre-tuer et à ruiner tout espoir de nous voir prospérer sur le long terme, voir même à détruite toute la planète.

    Il y a aussi une réflexion autour de l’idée de « mission » et de devoir, ce que notre alien sur terre vient faire mais aussi ce qu’un certain humain se dit qu’il pourrait faire pour l’en empêcher, et donc sur le libre arbitre.

    Malgré pas mal de lourdeurs et malgré son âge (rédigé dans les années 60, la technologie ET semblera vieillotte voir incompréhensible pour nombre de jeunes lecteurs, elle sera aussi souvent agitée comme colifichet pour amuser le « sauvage » qu’est le lecteur). Malgré ça, j’ai bien aimé ce roman où l’on sent que l’auteur a tenté de partager des réflexions et des peurs qui lui nouaient les tripes. Des trucs qui gardent toute leur portée aujourd’hui. Il a aussi tenté de sortir des clichés sur les ET (qui nous sont supérieurs, et ceux-là le sont clairement du point de vue techno et sur leur capacité à s’auto-détruire), tout en jouant en partie avec eux.

    Avertissement : c’est un roman triste et désillusionné. Lucide, diront certains.